Contexte

LE DATA-SPRINT.

Du 8 au 12 février 2016, les masters Études Numériques et Innovation (NUMI) et Cultures et Métiers du Web (CMW) de l’Université Paris-Est Marne-La Vallée se sont lancés dans un data-sprint autour de la COP 21 (la Conférence des Parties, organe au sein duquel sont prises les principales décisions de lutte contre les changements climatiques et qui, cette année, s’est déroulée à Paris du 29 novembre au 13 décembre 2015.

Concrètement, un data-sprint, ce sont différentes équipes aux compétences variées (analyse de données, développement Web, rédactionnel, etc.) qui dans un temps imparti (dans notre cas, une semaine) se doivent de trouver des solutions ou des réponses autour d’un problème ou d’une problématique en s’appuyant sur… de la data ! Nous avions à notre disposition plus de 7 millions de publications issues du Web social.

Ce site est donc consacré à la restitution de l’analyse de l’une des trois équipes (sobrement et modestement auto-surnommée « Les champions »).

 

QUI SONT LES CLIMATO-SCEPTIQUES ?

Notre volonté de départ a été de nous intéresser à cette masse apparemment uniforme et finalement peu connue, de ceux que l’on appelle les climato-sceptiques. Au départ étonnés de constater que ce courant compte parmi ses adeptes des personnalités politiques de tous bords ainsi que des scientifiques, nous avons voulu en apprendre davantage sur leurs différents visages, en France et aux États-Unis.

Complètement à contre-courant de l’esprit COP21, nous avons voulu nous pencher sur le positionnement des climato-sceptiques dans le débat autour de la Conférence des Parties. L’objectif de la présente étude est de révéler à la fois l’évolution de l’argumentaire des partisans de ces théories mais aussi la visibilité de leurs interventions sur le Web.

 

20 ANS DE CONTROVERSES.

Le réchauffement climatique – ses causes et ses conséquences – ne font pas consensus dans le débat public. Depuis les 30 dernières années, la communauté scientifique admet l’existence du réchauffement, mais des désaccords existent sur son ampleur et il n’est pas admis par tous qu’il soit dû aux activités humaines. Le positionnement du GIEC s’est renforcé depuis 1990 sur ce sujet dans le sens d’une responsabilité humaine. Il défendait cette thèse en 2007 en ces termes : « l’activité humaine est fort probablement la cause du réchauffement global (à plus de 90 %.) ».

Dès les années 1990, des voix de « sceptiques » se sont élevées contre ceux qu’ils appelaient les « alarmistes ». Du côté des scientifiques, un consensus s’est établi parmi les spécialistes de la climatologie et les sceptiques se comptent davantage dans des disciplines voisines (géologie, astrophysique, chimie…). L’argument principal de ces derniers a été au départ que dans l’histoire, des périodes chaudes et froides se sont succédées, et ce, bien avant l’industrialisation (variations solaires, émissions volcaniques, etc.). Puis, ils se sont mis à critiquer notamment les méthodes et les mesures qu’ils jugent comme étant biaisées et les résultats surestimés. Ils brandissent le « doute scientifique », contre les alarmistes le font.

Aujourd’hui, le débat a pris une ampleur politique importante et des scientifiques sceptiques disent subir des pressions pour changer de point de vue et se voir privés de crédits de recherche, ce qui les empêcherait de pousser plus loin leurs théories. La publication de leurs articles est souvent refusée par des revues réputées (cf. Le professeur Lennart Bengtsson, météorologue réputé, qui après adhésion à un think tank à tendance sceptique, s’est vu devenir marginalisé).

Du côté des hommes politiques, d’autres théories sont mises en avant, comme celle des conservateurs accusant les « alarmistes » de vouloir empêcher le développement des pays du Sud. Aux Etats-Unis, la plupart des candidats républicains dans la course aux primaires présidentielles de 2016 s’affichent comme ouvertement climato-sceptiques. La branche la plus conservatrice du GOP (Grand Old Party) voit le réchauffement climatique comme un prétexte inventé pour justifier davantage d’interventionnisme de l’État. Ted Cruz, favori de la branche Tea Party a quant à lui estimé qu’il n’y avait aucune évidence scientifique d’un quelconque réchauffement climatique. Marc Rubio ne veut pas aller contre la science, il est cependant prudent sur les mesures à mettre en œuvre : «Je ne vais pas supporter des politiques qui détruiraient notre économie».